Le Partenariat oriental, une rapide mise en perspective

En mai 2009, au Sommet de Prague les Etats membres de l’UE ont adopté un nouveau Partenariat Oriental (PO) en direction de six anciennes républiques de l’Union soviétique.

Le PO est destiné à renforcer les liens économiques et politiques avec ces six anciennes républiques soviétiques, tout en persuadant la Russie qu’il ne s’agit pas d’une tentative de s’immiscer dans sa sphère d’influence.

Cette initiative a été nommée Partenariat oriental au lieu de Partenariat de l’Europe de l’est, comme l’auraient souhaité les pays de la région, car la Commission européenne a essayé de prendre ses distances par rapport à l’Accord d’association européen (AAE) avec les pays d’Europe centrale et de l’est, qui contient la perspective d’une adhésion.

Le PO fut initialement une initiative Polo-Suédoise, mais fut repris par la Commission européenne en Décembre 2008 et confirmé en mars 2009 par le Conseil européen.

Son objectif est de compléter l’offre de l’Union pour la région en matière de politique étrangère et de développer une dimension “Orientale” spécifique dans la politique européenne de voisinage (PEV).

Le PO offre l’approfondissement des relations bilatérales et le lancement d’un nouveau cadre de coopération multilatérale qui s’ajustera aux ambitions et aux besoins des partenaires.

Ainsi, est prévu la signature de nouveaux Accords d’Associations pour les pays ayant accomplis des progrès suffisants dans le respect des Droit de l’Homme, de l’économie de marché, le développement durable et la bonne gouvernance.

Une plus grande intégration économique avec l’UE et avec l’objectif de mettre en place une zone de libre échange.

La facilitation de la délivrance des visas, le renforcement de la coopération énergétique à travers le support pour des investissements en infrastructure, en efficacité énergétique et en système de prévention en cas de coupure. Une aide à la construction d’un État bien administré par le biais de supports techniques.

Ce qui différencie le PO des autres programmes est la création de quatre plateformes amenant les Etats participants à échanger sur des questions comme :

Þ                      La Démocratie, la stabilité et la bonne gouvernance

Þ                      La convergence économique avec l’UE

Þ                      La sécurité énergétique

Cinq programmes hautement prioritaires vont servir les intérêts des Etats membres en créant

Un programme de gestion des frontières

L’intégration du marché de l’électricité

Un fond pour les petites et moyennes entreprises

La création d’un corridor sud pour l’énergie

Une réponse commune aux désastres d’origines naturels ou humaines.

Pour les six pays visés par le PO, la perspective européenne est sans doute plus alléchante que le scénario des relations multilatérales entre les anciens pays postsoviétiques.

Cependant, ils sont tous dans une situation délicate vis-à-vis de Moscou, ainsi si l’Ukraine intègre le PO et met en place la facilitation des visas, elle devra alors renforcer ses frontières vis-à-vis de la Russie, est elle prête ? Comment expliquer cela à la majorité russophone vivant à la frontière avec la Russie ?

De plus, le PO met de coté la Russie et la Turquie, pour certains Etats de la région comme la Moldavie (qui a besoin de l’argent de l’UE mais aussi du soutient politique de la Russie pour la question de la Transnistrie) on ne peut pas faire de nouvelles politiques dans l’espace mer Noire sans prendre en compte ses deux géants… Le Ministre des Affaires étrangères de la Moldavie a souligné : « le Partenariat oriental doit valoriser les complémentarités avec la « Synergie de la Mer Noire ». Pour la Moldavie, la réelle valeur ajoutée de la Synergie est la participation de la Russie et de la Turquie ».

La Russie suit de près les relations entre l’UE et ses actions au Caucase. Elle voit d’un mauvais œil le Partenariat auquel elle n’a pas été conviée. En effet, le Partenariat oriental remet en cause le concept russe de la CEI en pénétrant dans son ancienne zone d’influence. Cependant, la seule issue possible aujourd’hui, c’est bien la collaboration entre l’UE et la Russie et la cogestion de la zone.

Pourtant on peut se demander si l’UE, au travers de ses politiques vers la région n’avance pas masquée pour éviter une trop forte confrontation avec la Russie. L’objectif étant, tout en maintenant l’ambigüité intégration-non intégration, de pousser ses pions dans une région hautement stratégique.

Ludwig ROGER

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Classé dans Institution, Mer Noire

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