La Moldavie: aux confins de l’Union européenne et de la Fédération de Russie

Cette note à pour but de cerner, à travers un survol de l’histoire récente de la Moldavie, les enjeux hérités de l’Histoire qui empêche à la fois l’État moldave de se constituer, l’Union européenne de réellement agir et de permette à la Russie de continuer à marquer de sa présence la région.

Avec l’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne, le 1er janvier 2007, l’UE devient voisine de la Moldavie. La Moldavie peut s’enorgueillir de quelques particularités culturelles. C’est le pays de langue latine le plus à l’Est en Europe, et le seul orthodoxe avec la Roumanie (dont elle partage la langue). Cet Etat, coincé entre la Roumanie et l’Ukraine, revêt une importance stratégique. Situé entre les Balkans et les plaines continentales, et non loin du Danube, d’Odessa, des Carpates et de la mer Noire, ce territoire a constitué l’avant-poste russe pour le contrôle du Danube et des détroits tout au long du XIXe siècle. Au XXe siècle, il suscite des rivalités entre la Roumanie et la Russie, dans l’entre-deux-guerres mais aussi pendant la période communiste. Aujourd’hui, l’élargissement de l’UE à la Roumanie ajoute à son intérêt stratégique. La Roumanie pourrait en effet devenir à la Moldavie ce que la Pologne a été à l’Ukraine : un avocat au sein des 27, à même d’attirer l’attention sur son voisin.

Or, la Moldavie est depuis plusieurs années confrontée au séparatisme d’une région russophone située à sa frontière orientale: la Transnistrie. Celle-ci constitue un enjeu de sécurité pour l’UE : risques de déstabilisation régionale, présence non désirée de troupes militaires étrangères, criminalité transfrontalière… Il s’agit du conflit le plus proche de ses frontières, puisqu’il est situé à 70 kilomètres de la Roumanie. La résolution du conflit serait en outre une opération concrète à même de favoriser l’émergence d’un espace euro-russe de sécurité.

La Transnistrie, entité sécessionniste à l’est du Dniestr, abrite la XIVe armée russe. Elle est surtout réputée pour ses réseaux de criminalité et son potentiel de déstabilisation pour le reste du pays. Si la Moldavie fait partie de l’« étranger proche » de Moscou, l’UE s’avère néanmoins de plus en plus présente dans la région avec la politique européenne de voisinage.

Elle se situe dans un espace de confins entre plusieurs régions : la mer Noire, le Danube, les Carpates et l’hinterland du port d’Odessa. Elle est encastrée entre la Moldavie, dont elle fait légalement partie, et l’Ukraine.

Son rattachement au monde russe remonte à la conquête de la région par le maréchal Souvorov en 1792, à la suite des guerres russo-turques. Le maréchal Souvorov est d’ailleurs devenu un symbole, comme en témoigne sa statue au centre-ville de Tiraspol, la capitale transnistrienne.

La première trace de la Transnistrie apparaît en 1924, sous le nom de République Autonome Socialiste Soviétique de Moldavie. L’objectif était alors de constituer une « nation » moldave, afin de revendiquer le rattachement ultérieur de la Bessarabie. En 1940, lorsque Staline annexe la Bessarabie, il y adjoint une partie de la Transnistrie.

Le russe devint alors la langue de l’Administration, de la justice, de l’Église et de l’enseignement supérieur dans un pays majoritairement moldave.Durant tout le régime soviétique, le roumain (appelé moldave par les autorités) n’a jamais obtenu le statut de langue officielle — phénomène exceptionnel dans les anciennes républiques soviétiques — et il était écrit obligatoirement avec l’alphabet cyrillique (contrairement au roumain écrit en alphabet latin).  Les enfants fréquentaient sur une base volontaire les écoles moldaves, mais devaient apprendre le russe comme langue seconde. Quoi qu’il en soit, les parents avaient le droit d’obliger leurs enfants à recevoir leur instruction en langue russe. L’histoire officielle soviétique enseignait que les Moldaves formaient un peuple distinct (de la Roumanie), avec une langue à part, le moldave (et non le roumain). La composition ethnique de la population fut considérablement modifiée par des découpages administratifs et l’afflux de populations allogènes, surtout depuis l’industrialisation de la Moldavie. Le statut précaire des roumanophones (ou moldavophones) provient du fait qu’ils étaient quasiment absents des postes clefs de l’économie, de l’Administration et de la vie politique en général.

Or, le 31 Aout 1989, le Parlement votait, en 24 heures, trois lois linguistiques: la Loi relative au statut de la langue officielle dans la RSS moldave (Lege cu privire la statutul limbii de stat a RSS Moldoveneşti), la Loi du Parlement de la république de Moldavie relative à l’usage des langues parlées sur le territoire de la RSS moldave (Legea Parlamentului Republiciib Moldova cu privire la funcţionarea limbilor vorbite pe teritoriul RSS Moldoveneşti) et la Loi relative au retour de la langue moldave à la graphie latine (Lege cu privirea la revenirea limbii moldoveneşti la grafia latină)[1]. Cette journée du 31 août fut proclamée jour de la Fête nationale et célébrée chaque année depuis 1989. Il faut dire aussi que, quatre jours auparavant, il y avait eu une grande manifestation de plus de 600 000 participants à Chisinau pour réclamer que le «roumain» redevienne la langue officielle en Moldavie. À l’époque, le bruit courait dans les couloirs du Soviet suprême que Mircea Snegur (secrétaire général du Praesidium) et Mircea Druc (Front populaire) avaient téléphoné à Moscou qui les avait assurés qu’ils pouvaient adopter des lois linguistiques autorisant l’officialisation du moldave. De fait, les lois désignent la langue roumaine ou moldave par l’expression « limba moldovana » et non «limba româna», comme en Roumanie. Par ailleurs, si le Parlement moldave, élu dans le cadre institutionnel soviétique, proclamait le moldave «langue officielle de la république», il maintenait également le russe comme «langue de communication interethnique».

En 1990, le Front populaire de Moldavie (devenu depuis le Front populaire et démocrate), un parti rattachiste pro-Roumanie, réussit à imposer les caractères de l’alphabet latin destiné à l’alphabet cyrillique en usage sous le régime soviétique. Des fonctionnaires refusèrent d’appliquer localement la loi linguistique — Loi relative au statut de la langue officielle dans la république de Moldavie — dans la région située à l’est du Dniestr (la Transnistrie) où était installée une forte minorité slave (ukrainienne et russe). Le Yedinstvo ( Eдинство «unité» en russe), un parti politique slave, fut créé pour revendiquer une plus grande autonomie pour la Transnistrie. Il obtint l’organisation d’un référendum, à la suite duquel les autorités locales annoncèrent, en septembre 1990, la création de la «République socialiste soviétique autonome de Transnistrie».

Après la dislocation de l’URSS, la Moldavie proclama son indépendance, le 27 août 1991. Celle-ci fut présentée au Parlement comme «un premier pas vers la réunion avec la Roumanie». Des mesures furent prises pour encourager les aspirations des minorités dans les domaines de la culture et de l’éducation. Mais cela n’empêcha pas la Transnistrie de continuer sur la voie de l’indépendance, et un conflit armé éclatât la même année entre Chisinau et Tiraspol.

Le conflit transnistrien en lui-même n’a atteint qu’une intensité limitée, et se résume globalement à quelques escarmouches armées. Les premiers affrontements remontent à septembre 1990, quand des forces de police moldaves se sont opposées aux séparatistes locaux dans la ville de Dubasari. Les forces de la XIVe Armée soviétique (devenue russe), les cosaques et les volontaires de Transnistrie ont repoussé l’armée moldave, moins équipée et moins entraînée. La bataille la plus sérieuse a eu lieu à Tighina (ou Bender), sur le territoire moldave en juin 1992, peu avant la fin des hostilités. Le conflit a causé la mort de près d’un millier de personnes.

La Transnistrie fait partie des Etats séparatistes post-soviétiques (avec le Haut-Karabagh en Azerbaïdjan, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie en Géorgie), qui ont constitué des zones de tension. On ne peut réduire ces conflits, par ailleurs divergents sur certains points, à une rationalité unique (économique, ethnoculturelle, extérieure). Le facteur économique n’a pas été le moteur du conflit, même si la Transnistrie était plus industrialisée que le reste de la Moldavie. Par ailleurs, l’entité séparatiste était certes plus russifiée, mais on trouvait plus de russes dans la capitale moldave, Chisinau, que dans toute la Transnistrie. Enfin, la Russie disposait d’une présence militaire sur place et paraissait réticente à l’idée de perdre son influence dans la région. Sa complicité avec les élites transnistriennes n’est certes plus à établir. Cependant, le Kremlin n’aurait pu déclencher seul le conflit sans un mouvement local qui soutienne le séparatisme.

Du fait de l’imposition des cessez-le-feu au début des années 1990, on a pu parler d’un « conflit gelé ». En fait, cette expression peut s’avérer trompeuse car elle a tendance à faire oublier le fait que les situations locales ont grandement évolué depuis les débuts de la sécession. Les dynamiques locales doivent ainsi être prises en compte pour le règlement du conflit.

La Russie a été un acteur à la fois avant et après le conflit. Durant les années 1990, Moscou a plutôt soutenu Tiraspol, comme le montrent les mécanismes de résolution des conflits. Cependant, la politique a parfois fluctué entre le soutien à la Transnistrie, d’une part, et le rapprochement avec la Moldavie en 2001-2003 d’autre part.

Par ailleurs, les dernières années ont vu un retour de la Russie sur la scène internationale, grâce à des changements économiques, internationaux et politiques. En effet, la situation intérieure est moins instable que celles qui ont prévalu depuis 20 ans. Cette ambition renouvelée apparaît dans le discours annuel de 2005 de Vladimir Poutine, qui s’est donné comme priorité de poursuivre une « politique civilisatrice sur le continent eurasien ». Cette déclaration montre les progrès de la rhétorique néo-eurasiste au sein des élites russes, dirigées par une forme de ressentiment anti-américain et la sensation de la puissance retrouvée.

Moscou intervient directement dans les affaires transnistriennes en aidant à la construction de l’Etat et des institutions, notamment celles liées aux services de sécurité. Les dirigeants locaux s’appuient sur leurs liens avec divers niveaux de l’administration russe (ministères de la défense, groupes oligarchiques, etc.)

En outre, la Russie intervient souvent en faveur des entités séparatistes au sein du Conseil Ministériel annuel de l’OSCE. Elle encourage également les liens entre les différentes entités séparatistes de Géorgie et de Moldavie, réunies sous le sigle de « CEI-2 ».

Enfin, la Russie apporte un soutien économique à la Transnistrie. Les industries s’appuient sur des subventions masquées, notamment en matière énergétique via Gazprom. Les investissements russes se sont par ailleurs accélérés avec la vague de privatisation qui a commencé en 2003. Moscou a aussi exercé des pressions sur la Moldavie en introduisant des restrictions sur les exportations de fruits et de vin.

De fait, la Moldavie reste grandement dépendante de l’espace économique post-soviétique. La désintégration de l’URSS lui a fait perdre de nombreux marchés et clients, sans qu’elle n’en gagne véritablement de nouveaux en contrepartie. A ce titre, elle connaît un destin similaire à la Géorgie, autre république agricole sous l’Union soviétique ayant connu une indépendance difficile. Ces deux pays ont vu leurs productions s’effondrer, en raison de la désorganisation économique et faute de débouchés. Les industries lourdes étant essentiellement concentrées en Transnistrie, la sécession de cette dernière a encore réduit la diversité économique. Il ne reste plus alors que quelques industries légères, principalement liées au secteur agro-industriel. Dans certains domaines comme le textile, les investisseurs étrangers se sont installés, mais pas en nombre suffisant pour combler le sous-emploi chronique. Ce n’est qu’à partir de 2000 qu’une croissance timide est revenue, avec un rythme de plus en plus accéléré depuis 2001, de l’ordre de 6-8% par an. Cette croissance dépend cependant de quelques secteurs qui tirent l’activité, et ne règle pas le problème du manque de diversification économique[2].

Cette dépendance s’exprime aussi particulièrement dans le secteur énergétique, au point de devenir une menace pour la sécurité énergétique du pays. En effet, la Moldavie est complètement dépendante des exportations russes, tant en pétrole qu’en gaz. Chisinau est donc particulièrement sensible aux menaces de Moscou, dont la politique énergétique tient bien d’arme diplomatique. La difficulté vient de l’absence de source alternative d’approvisionnement. Ainsi, la principale centrale électrique du pays, Cuciurgan, se situe en Transnistrie. La solution peut venir à moyen ou à long terme du terminal pétrolier de Giurgiulesti, porte de la Moldavie sur la mer Noire via le Danube. On pourrait également envisager une collaboration plus poussée avec la Roumanie pour l’électricité ou un gazoduc évitant le passage en Russie. En 2006, elle s’avère dans une situation extrêmement fragile, du fait de l’augmentation des prix du gaz voulue par Gazprom.

De plus cette faiblesse économique est alimentée par la permanence du conflit avec la Transnistrie et le maintient depuis 1991 du statu quo. Celui-ci est encouragé par le mécanisme de négociations de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), qui laisse un droit de veto à tous les acteurs (Moldavie, Transnistrie, Russie, Ukraine et OSCE). L’objectif principal réside alors dans la construction d’un « Etat commun », acceptable par les deux parties. Cela revient à intégrer la Transnistrie au sein de la Moldavie sans la changer, alors que sa représentativité peut être mise en question. De plus, ses structures rendent la réintégration hasardeuse, puisque les systèmes monétaires, légaux, économiques et autres divergent. Le phénomène le plus inquiétant réside dans l’absence de volonté de résolution du conflit de plusieurs parties. Pourtant, ce « conflit gelé » a des conséquences annexes non-négligeables. En effet, outre une présence militaire indésirée, la région est devenue un lieu florissant pour le crime organisé. Pour autant, le conflit en Transnistrie est certainement celui parmi les « conflits gelés » qui a le plus de chance de trouver rapidement une issue. Pour mémoire, les autres « conflits gelés » sont le Haut-Karabagh, disputé entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ainsi que l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, territoires sécessionnistes situés en Géorgie. Si la réintégration par le haut (recherche d’un « Etat commun » sous protection internationale) échoue, les possibilités d’une « réintégration par le bas » (attraction de la Moldavie pour les résidents de Transnistrie) doivent être encouragées. Ainsi, le conflit chypriote est riche d’enseignements à ce niveau. La partie turque de l’île, séparatiste, masque de plus en plus mal ses velléités de rapprochement avec la partie Sud, plus prospère. Le conflit n’est pas encore résolu, mais la Moldavie pourrait suivre le même chemin de développement pour changer le statu quo.

La hausse de la criminalité depuis l’indépendance est due à des héritages soviétiques combinés aux nouvelles possibilités offertes par le contexte post-communiste. Ainsi, il existe sous l’URSS une « économie grise » que le pouvoir tolère, notamment sous la forme d’échanges entre usines hors de la planification. Le passage au marché et à la démocratie s’est accompagné de phénomènes favorisant la criminalité. Tout d’abord, les changements juridiques ont laissé les acteurs agir dans des conditions souvent proches de l’illégalité. Ils ont pu connaître une situation d’anomie. Ce concept forgé par le sociologue français Emile Durkheim désigne l’état d’une société caractérisée par une désintégration des normes qui règlent la conduite des individus et assurent l’ordre social. L’activité informelle se répand, ce qui affaiblit la réticence vis-à-vis de la criminalité. Par ailleurs, le système de régulation économique a changé de manière toute aussi considérable à cette période. Ces phénomènes, renforcés par l’effondrement économique généralisé et la nature incomplète des changements, ont engendré une hausse des activités informelles et de la criminalité.

La Moldavie est à la fois un lieu de passage et d’émission de trafics. Cette question est donc fondamentale pour la sécurité régionale, puisque les frontières moldaves sont poreuses. A l’Ouest, la sécurisation de la frontière du côté roumain est à l’œuvre, même si ce travail peut être dommageable pour les relations moldo-roumaines. En effet, le petit commerce transfrontalier permet à de nombreux citoyens de vivre dans ces régions déprimées économiquement. La fermeture de ces frontières rappelle en outre de douloureux souvenirs pour des familles qui ont été interdites de visite pendant la période soviétique. A l’Est, la frontière entre l’Ukraine et la Transnistrie a longtemps été extrêmement poreuse. En effet, le port d’Odessa constitue un débouché privilégié sur la mer Noire pour la République du Dniestr. Elle fait désormais l’objet d’une surveillance accrue au niveau européen. Cette mission d’assistance de l’UE lancée en décembre 2005 peut être un pas décisif vers la résolution du conflit. Tandis qu’à l’Ouest, le nouveau gouvernement Moldave, pro-européen s’empresse de démanteler les derniers vestiges des barbelés mis en place par l’URSS[3].

L’élargissement européen de 2004 est un changement significatif pour la région. On a pu le voir en novembre-décembre de la même année quand la Pologne a soutenu avec zèle la « Révolution Orange » en Ukraine. On le voit aussi à travers l’accent mis sur la nouvelle « politique de voisinage » de l’UE, qui est devenue effective en mai 2004. C’est donc avant l’élargissement de l’UE à la Roumanie que Bruxelles a commencé à développer des programmes spécifiques. La Moldavie constitue même pour la politique étrangère européenne un « Etat laboratoire » (on pourrait en dire de même pour la Région mer Noire, qui est une région laboratoire), permet de tester l’éventail de ses possibilités. Elle ouvre en outre l’occasion d’une coopération euro-russe sur la question de la Transnistrie, qui ne peut être réglée qu’avec Moscou et l’évolution de l’Etat moldave. Cela nécessite une approche plus responsable de la part des dirigeants du Kremlin, qui en restent à la politique du « pré carré ».

La Politique Européenne de Voisinage (PEV) a été créée pour répondre aux défis d’une Europe élargie le 1er mai 2004. Les premières communications de la Commission européenne remontent à 2003, et la politique s’est mise en place à partir de 2004. Les objectifs principaux de la PEV consistent à promouvoir la sécurité, la stabilité et la prospérité au-delà de l’UE. En un mot, il s’agit d’éviter l’apparition de nouvelles lignes de fracture en Europe.

De ce point de vue, la Transnistrie constitue bien un enjeu de sécurité pour l’UE : risques de déstabilisation régionale, présence non désirée de troupes militaires étrangères, criminalité transfrontalière… Il s’agit du conflit le plus proche de ses frontières de l’UE, puisqu’il est situé à 70 kilomètres de la Roumanie, qui fait partie de l’élargissement de 2007. La résolution du conflit serait en outre une opération concrète à même de favoriser l’émergence d’un espace euro-russe de sécurité.

L’UE est de plus en plus présente dans les tentatives de résolution du conflit, sous la pression d’évolutions institutionnelles internes (développement de la PESC/PESD, adoption d’une Stratégie de Sécurité Européenne, Traité de Lisbonne) et de l’élargissement aux pays d’Europe Centrale et Orientale.

Le cas de la Moldavie amène à davantage de présence européenne dans la région. Les nouveaux membres de l’UE y poussent, et ils supportent l’intégrité territoriale de Chisinau ainsi que l’éventualité de son adhésion dans la foulée de celle de l’Ukraine. Le contrôle des frontières incite aussi à davantage de coopération avec la Moldavie, dans le but d’assurer la sécurité tout en évitant la constitution d’un « mur de Schengen ». Par ailleurs, le développement des capacités de l’UE en matière de sécurité et de défense permet d’envisager des missions pour la stabilité de son voisinage s’il en était besoin. Enfin, l’UE paraît de plus en plus engagée dans les mécanismes de résolution des conflits. La politique de voisinage et le plan d’action UE-Moldavie vont dans ce sens, de même que l’arrivée d’un représentant spécial de l’UE.

A n’en pas douter, voilà un dossier qui va mettre à rude épreuve les talents de Lady Ashton et de son équipe en matières diplomatique.

Dossier d’autant plus difficile qu’il se trouve à la frontière de l’Union, sous le regard de la Russie et des nouveaux Etats membres, il en va de la crédibilité de l’Union en matière internationale.


[1] http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/Europe/moldavie.htm 15/01/10

[2] Florent Parmentier, La Moldavie à la croisée des chemins, Paris, Editoo, octobre 2003, 180 p.

[3] Moldavie/Roumanie : les barbelés retirés, AFP, 14/01/2010

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